Ruelle sombre, une chanson éclairante

Ruelle sombre, une chanson éclairante

De tous temps, les chansons à texte ont accompagné mon chemin, m’ont bouleversée, m’ont permis de prendre conscience. Parfois, elles m’ont aussi permis de ressentir, sans filtre, l’émotion brute. Ruelle sombre de Lisa Pariente fait partie de ces chansons « coups de poing ».

Je vous invite à en lire les paroles, à l’écouter, et à ressentir …

Ruelle sombre, de Lisa Pariente

RUELLE SOMBRE

Lisa Pariente

Non, maman, c’était pas tard le soir
Dans une ruelle sombre
Non, maman, c’était pas dans ce bar
Où les lumières grondent
C’était pas dans un bois
Contre un arbre, par un étranger
C’était pas dans les bras d’un lascar
Qui m’a kidnappée

 Je connaissais ses yeux
Je connaissais ses mains
Je connaissais le poids
De son corps sur le mien
Mais il a été tendre, j’crois
J’ai oublié
A pris c’qu’il voulait prendre
Mais sans me réveiller

Pas de rêves cette nuit
Avec un cauchemar dans mon lit
Pas de rêves cette nuit
Avec un cauchemar dans mon lit

Non, maman, j’étais pas provocante
Dans mon pyjama
Et pourtant, je suis pas innocente
Dira-t-on de moi
Et promis, je n’en parlerai pas
Puis, qui me croira?
Ironie, car au fond
Même toi, tu ne le sais pas

Tu connaissais mon cœur
Tu connaissais mon rire
Tu déchires ma pudeur
En me laissant dormir
Au moins j’peux pas m’défendre
Non, j’peux pas crier
Faudrait pas se faire prendre
Ni me réveiller

Pas de rêves cette nuit
Avec un cauchemar dans mon lit
Pas de rêves cette nuit
Avec un cauchemar dans mon lit

C’était mon premier amour
C’était mon cousin
C’était mon père
C’était mon grand frère
Et c’était mon entraineur de sport
C’était mon cousin (c’était un ami)
C’était mon copain
C’était mon grand- (c’était mon amoureux)
C’était, c’était- (c’était mon meilleur ami)

 T’étais capable du mieux
T’as préféré le pire
Je te fais mes adieux
Et je garde en souvenir

Non, ne t’en fais pas, j’avance
Vers mon bonheur
Et toi, ça te fait quoi
D’être un violeur ?

Vous vous sentez concerné·e : ne restez pas seul·e
Faites appel à un thérapeute, il saura vous écouter et vous aider.

Des associations existent également :
— Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) : www.solidaritefemmes.org ou 3919
— Collectif Féministe Contre le Viol : 0800 05 95 95

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Il meurt lentement celui qui …

Il meurt lentement celui qui …

Vous le savez, j’aime les histoires, les analogies. Ce sont autant de portes directement ouvertes sur notre imaginaire. Elles regorgent de bon sens, et nous apportent une aide décalée pour avancer sur notre chemin.

Aujourd’hui, il est question d’oser le changement et de remettre du mouvement dans sa vie.
A essayer !

Poème de Martha Medeiros

longtemps attribué à Pablo Neruda,
sur l’importance du mouvement et de la nouveauté dans nos vies.

— ✧ —

Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements,
ou qui ne parle jamais à un inconnu.

Il meurt lentement celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les cœurs blessés.

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés.

Vis maintenant !
Risque-toi aujourd’hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d’être heureux !

— ✧ —

Pourquoi j’aime cette citation ?

Il y quelques temps, dans le groupe mensuel de Paroles de femmes que j’anime, j’ai remarqué que les femmes présentes avaient trouvé « leur place ». Cela faisait 3 regroupements qu’elles s’asseyaient au même endroit, dans le même fauteuil, entourées à leur droite et à leur gauche des mêmes autres femmes.

Bien sûr, il y avait du confort, de l’habitude qui rassure, et aussi peut-être une histoire d’affinité, et de soutien entre elles.
Bien sûr, il y avait aussi pour moi, un certain confort de savoir qui j’allais regarder si je tournais la tête de telle ou telle façon.

Or la Gestalt est mouvement, elle est fluidité, ajustement, accueil de la nouveauté, …

J’ai donc proposé une petite expérience : que chacune prenne le temps de sentir comment elle se sentait, émotionnellement et corporellement, à cette place qu’elle avait choisie et qui était devenue « la sienne ».Puis, de se lever et de choisir une nouvelle place.

Changement mineur me diriez-vous ? Et pourtant, pas si mineur que ça ! Ce changement a coloré, de façon agréable ou non, leur expérience du moment, ainsi que la mienne. Cela a coloré différemment le groupe, cela a ouvert ou fermé des perspectives, des possibilités. C’est venu « déranger » le confort, l’habitude. C’est venu proposer un autre prisme, une autre vision du groupe.

Pour certaines, cela a été indolore, presque anecdotique.
Certaines ont aimé l’expérience, et d’autres ont vécu un inconfort, un chamboulement, une perte de repères.

Toutes, moi y compris, ont vécu et existé différemment dans le chalet qui abrite et sécurise notre groupe.

Ce que ça m’inspire ?

Toutes et tous, par habitude, par confort, parce qu’on n’y pense pas, parce que c’est plus simple, nous prenons les mêmes places, nous faisons et refaisons les mêmes choses, au même moment, rencontrons les mêmes personnes, etc.

Et si nous changions ?

Et si nous remettions de la fluidité et du mouvement dans nos vies ?
Et si nous laissions entrer la nouveauté, la créativité dans nos relations, dans nos moments partagés ou solitaires ?

Parfois, il suffit d’un petit « rien », une esquisse de nouveauté pour que notre façon de regarder le monde ou d’être au monde change ! Changer de place à table, incorporer un nouvel aliment dans notre assiette, changer les meubles de place, prendre un autre trajet, un autre train ou changer de wagon, oser une nouvelle couleur dans ses habits, sa coiffure, son maquillage, découvrir de nouvelles personnes ou un nouveau pays … ou encore prendre un autre rôle dans ses relations de couple, devenir la personne qui prend des initiatives ou celle qui accueille.

Bref, je suis sûre que vous aurez plein d’idées pour remettre du mouvement et de la couleur dans votre vie.

Alors, on s’y met ?

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Aaaah ces émotions !

Aaaah ces émotions !

Combien de fois ai-je entendu la fameuse phrase « il faut que j’apprenne à gérer mes émotions » ! Sérieux ? Gérer ses émotions ? Vous y croyez ? Et pourtant, on voit cette notion partout, et je vous avoue que ça m’agace … un peu.

Tentons de regarder ça autrement.

Un ami vient de partir de l’autre côté du globe : vous êtes content.e pour lui et en même temps, il y a de la tristesse due à la séparation. Qu’allez-vous faire ? Comment allez-vous « gérer » votre tristesse ? Pouvons-nous « gérer » la tristesse ?

Et devons-nous, du coup, aussi « gérer » la joie de le voir partir réaliser son rêve ? Ah ben non ! La joie, c’est OK, on la garde. Mais pas la tristesse … on n’en veut pas !Pourtant, ce sont toutes les deux des émotions qui font de nous des êtres humains. Certes, l’une des deux [émotions] est plus agréable à vivre. Elle fait moins mal au ventre. Elle ne se rumine pas, ne nous pollue pas la tête. « Non, attends, je rumine ma joie ! » … je ne l’ai pas entendu souvent celle-là !

Et si cette tristesse était tout simplement pertinente ? Si elle avait tout simplement quelque chose à nous dire de la situation ? Si elle nous donnait finalement des infos sur ce que nous vivons ? Si elle nous aidait à ressentir authentiquement ce qu’il se passe ?

Parce que, oui !

✦ Avoir de la tristesse parce qu’un ami s’en va et qu’on ne pourra plus le voir aussi souvent qu’avant … ben … c’est ajusté !

✦ Être en colère quand on nous manque de respect … c’est ajusté !

✦ Être joyeux quand on vit une belle journée … c’est ajusté !

✦ Avoir peur quand on est en danger … c’est ajusté !

✦ Ressentir du dégoût face à une situation ou face à un autre signifie qu’on a un rejet instinctif destiné à nous protéger … et c’est ajusté !

Quitte à m’attirer des foudres, j’oserais même dire que c’est une bonne chose ! C’est l’inverse qui ne serait pas OK. Ça viendrait dire qu’on se protège tellement que l’on n’est plus capable de ressentir …

Par contre, si les émotions viennent nous envahir, nous empêcher, nous figer … alors il nous faut nous en occuper. Et prendre soin de ce qu’elles nous racontent : aussi bien de ce que nous vivons dans le présent, que de ce qu’elles réactivent de notre histoire. Parce qu’un « trop plein » d’émotions, ça raconte tous les endroits de nous qui ne sont pas bien soignés, qui sont encore [trop] sensibles, trop « à vif ». Si on les voyait pour ce qu’elles sont : des signaux de nos cœurs et de nos corps qu’il y a quelque chose à regarder et à travailler.

Apprendre à accueillir ses émotions est un chemin.

Alors, plutôt que d’apprendre à « gérer ses émotions », si on apprenait plutôt à les repérer, et à les accueillir pour traverser la situation qui nous amène à les vivre.

Et pour refaire copain-copain avec nos émotions, il y a les films VICE VERSA de Disney … qui nous montrent à quel point elles nous sont utiles ces fichues émotions … toutes nos émotions !

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Chance ou malchance … telle est la question !

Chance ou malchance … telle est la question !

Vous le savez, j’aime les histoires, les analogies.
Ce sont autant de portes directement ouvertes sur notre imaginaire. Elles regorgent de bon sens, et nous apportent une aide décalée pour avancer sur notre chemin.

Aujourd’hui, un conte chinois qui parle de chance … mais pas que ! A savourer.

Un vieux paysan chinois possédait un cheval d’une rare puissance et d’une telle beauté que les plus riches du pays lui en avaient offert des fortunes.
— Jamais je ne le vendrai, répondait le vieux paysan. Je l’aime comme mon fils.

Un jour, il se rendit comme à l’écurie et trouva la porte ouverte. Son cheval avait disparu. Tout le monde le chercha sans succès.

— Tu n’as pas de chance, dit son voisin. C’était ton unique bête, et elle est partie.
— Une chance ou une malchance … qui peut savoir ? dit le vieux paysan.

Quelques jours plus tard, il découvrit devant sa ferme une douzaine de chevaux sauvages. Son cheval les avait attirés avec lui en revenant du fond de la plaine où il s’était enfui.
Voyant cela, son voisin lui dit : — Tu as de la chance, te voilà propriétaire de toutes ces bêtes.
— Une chance ou une malchance … qui peut savoir ? dit le vieux paysan.

Son fils, en dressant les chevaux sauvages, tomba et se brisa les deux jambes.
— Tu n’as pas de chance, lui dit son voisin. Ton fils va être immobilisé pour longtemps alors que tu en as grand besoin pour te seconder.
— Une chance ou une malchance … qui peut savoir ? dit le vieux paysan.

Quinze jours plus tard, une troupe de soldats et d’officiers fit irruption dans le village. Ils enrôlèrent tous les jeunes gens valides pour partir faire la guerre. Tous, sauf le fils du paysan qui n’était pas encore guéri.
Son voisin lui dit : — Tu as de la chance, ton fils n’est pas obligé de partir faire cette sale guerre. On ne sait pas dans quel état nos enfants vont en revenir.
— Une chance ou une malchance … qui peut savoir ? dit le vieux paysan.

— ✧ —

Vous l’aurez compris, on peut continuer ce conte longtemps.
Rien n’est blanc, rien n’est noir.

Lorsqu’un événement défavorable nous arrive, bien souvent, nous ne voyons que les conséquences immédiates, surtout les conséquences « négatives » (parce que sinon, ce n’est pas drôle) !
— « C’est pas juste ! » — « Pourquoi ça m’arrive ? » — « Je n’ai vraiment pas de chance ! »
Et parfois, il faut un peu de temps pour se rendre compte que, finalement, ce n’était pas si « défavorable » que ça !
Parfois, la vie nous réserve des surprises, de belles surprises.

Et vous ?

Comment avez-vous l’habitude de regarder les évènements qui vous arrivent ?

Avez-vous déjà expérimenté la transformation d’un « défavorable » en « super top » ?

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Une histoire de chaussures à son pied

Une histoire de chaussures à son pied

Vous le savez, j’aime les histoires, les analogies. Ce sont autant de portes directement ouvertes sur notre imaginaire. Elles regorgent de bon sens, et nous apportent une aide décalée pour avancer sur notre chemin.

Aujourd’hui, il est question du couple et de chaussures !
A savourer.

Un vieux sage dit ceci
au sujet de l’amour

Quand on enfile une mauvaise chaussure
Et qu’on a mal au pied
Ce n’est ni la faute de la chaussure
Ni celle du pied.
Il faut juste accepter qu’ils ne soient pas faits pour aller ensemble.

Pour pouvoir mettre une nouvelle chaussure à ton pied, il faut déjà enlever l’autre.
Plus tu gardes des chaussures qui te font souffrir, plus ton pied sera abîmé, et plus ce sera difficile à guérir.

Si des chaussures t’ont abîmé les pieds, quelle que soit la paire que tu enfiles après, ce sera douloureux. Ce ne sera pas la faute, de tes nouvelles chaussures, mais celle de tes blessures.

Il faut accepter de marcher, quelque temps sans chaussures, pour que ton pied guérisse, et redevienne comme avant. Plus tu gardes des chaussures qui te font mal, plus ça devient inconfortable, et plus tu marches de travers.

À force de dévier, tu finis par quitter ton chemin de vie.
Or, le bonheur qui est tien n’existe que sur ton chemin …
Retire tes chaussures douloureuses pour redevenir heureuse/heureux.

Marche pieds nus le temps de guérir tes pleurs et tes blessures.
N’aie pas peur s’il y a un peu de graviers, tu n’en apprécieras que mieux la douceur de tes souliers.

Relève la tête, car sur ton chemin t’attendent des chaussures parfaites.
Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour la femme heureuse ou l’homme heureux que tu pourrais être, mais que tu ne laisses pas exister.
Pour marcher loin sur le chemin de l’amour, il faut respecter ses pieds, et choisir des chaussures adaptées !

Auteur inconnu

Ce que ce texte me raconte

J’aime cette métaphore du chemin et des chaussures, parce qu’elle parle avec simplicité de ce que nous vivons souvent dans nos relations : vouloir continuer à avancer, même quand quelque chose ne nous convient plus, même quand « ça fait mal », que « ça coince », que « ça gratte », que « ça blesse » !

Et pourtant, nous savons, nous sentons, nous ressentons que ça ne nous convient pas, que c’est toxique. Mais nous restons.

Pourquoi ?

Pour plein de « bonnes » raisons qu’il est important de regarder : des habitudes, des « c’est comme ça », des « je ne suis pas à plaindre » et aussi des « j’ai peur », des « je ne vais pas y arriver seul·e », etc.

Un autre paramètre peut aussi entrer dans le jeu : l’investissement, en temps, en énergie, qu’on a mis à essayer que « ça marche ». Renoncer, c’est comme si « ça n’avait servi à rien » … et parfois, c’est le cas, parfois, ça n’a servi à rien. Je ferai un article sur ce thème en particulier qui s’apparente au biais d’engagement.

En Gestalt-thérapie, nous apprenons justement à écouter ces inconforts, ces frottements, ces difficultés à lâcher, ces endroits du lien où « ça serre ». Parfois, il s’agit d’ajuster la lanière [de la chaussure], parfois de réparer, parfois — plus difficile encore — d’oser enlever la chaussure pour marcher un temps pieds nus.

Dans le couple, comme dans la vie, retrouver son pas juste, c’est retrouver son élan de vie, sa liberté intérieure, et la possibilité d’une rencontre plus vraie, avec soi comme avec l’autre. Et cerise sur le gâteau, retrouver son pas juste, en portant des chaussures adaptées, c’est aussi se donner la possibilité de se rendre heureux.

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