En séances reviennent souvent les mêmes questions. Comme une petite voix insistante :
— Est-ce que il/elle m’aime vraiment, ou est-ce que je lui sers à quelque chose ?
ou encore :
— Est-ce que je l’aime vraiment, ou est-ce que j’ai juste peur de le/la perdre, ou de perdre ce qu’il/elle m’apporte ?
Il y a comme un mélange, une confusion entre certains mots : l’amour, l’attachement, la dépendance, et parfois même l’emprise. C’est humain. Moi je vois ces concepts comme un continuum fluide où il est facile de glisser sans s’en rendre compte.
On croit aimer, alors qu’on s’accroche à un lien qui nous épuise.
On pense être fidèle, alors qu’on s’oublie peu à peu.
La frontière est fine, parfois invisible, parfois poreuse, mais elle change tout : d’un côté, on grandit ensemble, et de l’autre, on rétrécit pour tenir dans la poche de l’autre.
Je vous invite à découvrir un texte fort, qui circule pas mal sur les réseaux, et qui vient poser une question essentielle : en fin de compte, que faisons-nous de notre énergie, et à qui la donnons-nous ?
Laisse partir ceux qui ne sont pas prêts à t’aimer !
Texte souvent affecté à Anthony Hopkins
C’est la chose la plus difficile que tu auras à faire dans ta vie, et elle sera aussi la plus importante : arrête de donner ton amour à ceux qui ne sont pas prêts à t’aimer.
Arrête d’avoir des conversations difficiles avec des gens qui ne veulent pas changer.
Arrête d’apparaître pour les gens qui sont indifférents à ta présence.
Arrête d’aimer les gens qui ne sont pas prêts à t’aimer.
Je sais que ton instinct est de tout faire pour gagner les bonnes grâces de tous ceux qui t’entourent, mais c’est aussi l’impulsion qui te volera ton temps, ton énergie et ta santé mentale, physique et spirituelle…
Quand tu commences à te manifester dans ta vie, complètement, avec joie, intérêt et engagement, tout le monde ne sera pas prêt à te trouver à cet endroit de pure sincérité.
Ça ne veut pas dire que tu dois changer ce que tu es.
Ça veut dire que tu dois arrêter d’aimer les gens qui ne sont pas prêts à t’aimer.
Si tu es exclu·e, insulté·e subtilement, oublié·e ou facilement ignoré·e par les personnes à qui tu offres ton temps, tu ne te fais pas une faveur en continuant à leur offrir ton énergie et ta vie.
La vérité, c’est que tu n’es pas fait·e pour tout le monde,
Et que tout le monde n’est pas pour Toi…
C’est ce qui rend ce monde si spécial, quand tu trouves les quelques personnes avec qui tu as une amitié, un amour ou une relation authentique…
Tu sauras à quel point c’est précieux…
Parce que tu as expérimenté ce qui ne l’est pas…
Mais plus tu passes de temps à essayer de te faire aimer de quelqu’un qui n’en est pas capable,
Plus tu perds de temps à te priver de cette même connexion…
Il y a des milliards de personnes sur cette planète, et beaucoup d’entre elles vont se retrouver avec toi, à leur niveau, avec leur vibration, de là où elles en sont…
Mais…
Plus tu restes petit·e, impliqué·e dans l’intimité des gens qui t’utilisent comme un coussin, une option de second plan, un·e thérapeute et un stratège à leur guérison émotionnelle…
Et plus de temps tu restes en dehors de la communauté que Tu désires.
Peut-être que si tu arrêtes d’apparaître, tu seras moins recherché·e
Peut-être que si tu arrêtes d’essayer, la relation cessera
Peut-être que si tu arrêtes d’envoyer des textos, ton téléphone restera sombre pendant des jours et des semaines
Peut-être que si tu arrêtes d’aimer quelqu’un, l’amour entre vous va se dissoudre…
Ça ne veut pas dire que tu as ruiné une relation !
Ça veut dire que la seule chose qui tenait cette relation était l’énergie que TOI et TOI SEUL·E engageais pour la maintenir à flots.
Ce n’est pas de l’amour.
C’est de l’attachement.
C’est vouloir donner une chance à qui n’en veut pas !
La chose la plus précieuse et la plus importante que tu as dans ta vie, c’est ton énergie.
Ce n’est pas que ton temps puisqu’il est limité, c’est ton énergie !
Ce que tu donnes chaque jour est ce qui se créera de plus en plus dans ta vie.
C’est ceux à qui tu donneras ton temps et ton énergie, qui définiront ton existence.
Quand tu te rends compte de ça, tu commences à comprendre pourquoi tu es si impatient·e quand tu passes ton temps avec des gens qui ne te conviennent pas, et dans des activités, des lieux, des situations qui ne te conviennent pas.
Tu commenceras à réaliser que la chose la plus importante que tu peux faire pour ta vie, pour toi-même et pour tous ceux que tu connais, c’est protéger ton énergie plus farouchement que n’importe quoi d’autre.
Fais de ta vie un refuge sûr, dans lequel seules les personnes « compatibles » avec toi sont autorisées.
Tu n’es pas responsable de sauver les gens.
Tu n’es pas responsable de les convaincre qu’ils doivent être sauvés.
Ce n’est pas ton travail d’exister pour les gens et de leur donner ta vie, petit à petit, instant après l’instant !
Parce que si tu te sens mal, si tu te sens dans le devoir, si tu te sens obligé·e, tu es la racine de tout ça par ton insistance, en ayant peur qu’ils ne te rendent pas les faveurs que tu leur as accordées…
Il est de ton seul fait de réaliser que tu es l’aimé(e) de ton destin, et d’accepter l’amour que tu penses mériter.
Décide que tu mérites une amitié réelle, un engagement véritable, et un amour complet avec les personnes qui sont saines et prospères.
Puis attends… juste pour un moment…
Et regarde à quel point tout commence à changer…
Pourquoi ce texte ?
Ce texte est un peu comme un miroir, il est franc, il ne console pas, n’amoindrit pas, il réveille … et c’est précisément pour ça qu’il touche juste.
Le « laisser partir », le « lâcher prise », le « stop » est au cœur de nombre de séances. Parfois, le plus grand acte d’amour — envers soi-même comme envers l’autre — c’est d’accepter de lâcher prise. Parce qu’on n’est pas heureuse/heureux. Parce qu’on n’aime finalement pas assez. Ou parce que l’autre n’est pas prêt, ou pas capable, de nous aimer comme on en a besoin.
Nous faisons cette confusion assez courante entre des notions pourtant distinctes : l’amour, l’attachement, la dépendance et l’emprise. Nous avons tendance à les opposer ou à les confondre, alors qu’elles forment bien souvent un continuum subtil au sein de nos relations.
L’amour sain suppose le respect de l’autonomie de chacun. L’attachement est un lien vital et sécurisant. Mais lorsque la peur de perdre l’autre prend le dessus, l’attachement peut glisser vers la dépendance, où nos besoins propres s’effacent. Dans ses formes les plus toxiques, la dépendance mène à l’emprise, où la liberté intérieure est progressivement annihilée.
En résumé : L’amour laisse de la place. L’attachement relie. La dépendance enferme. Et l’emprise éteint.
Apprendre à sentir où nous en sommes, à reconnaître ce qui est vivant pour nous, à poser nos limites… c’est un travail profondément thérapeutique. En Gestalt, cela passe par la conscience de soi, de ses besoins, et de la frontière entre soi et l’autre.
Laisser partir l’autre, ou lui demander de partir, n’est alors pas un échec, mais le début d’un nouveau souffle.
Amour : En psychologie, l’amour mature (souvent distingué de la passion initiale) implique le souci du bien-être de l’autre, le respect de son autonomie, et la capacité à maintenir sa propre identité tout en étant connecté. Sternberg, dans sa théorie triangulaire de l’amour, le définit comme la combinaison de l’intimité, de la passion et de l’engagement. L’amour sain permet à chacun de grandir.
Attachement : Théorisé par John Bowlby, c’est un lien affectif durable qui procure un sentiment de sécurité. L’attachement est un besoin fondamental et sain chez l’être humain. Il devient problématique seulement lorsqu’il est « insécure » (anxieux, évitant, ou désorganisé), mais l’attachement en soi n’est pas pathologique : c’est la base de nos capacités relationnelles.
Dépendance affective : Ici, le lien devient asymétrique. La personne dépendante subordonne ses besoins, son estime de soi et parfois ses valeurs à la présence ou à l’approbation de l’autre. Il y a une peur intense de l’abandon et une difficulté à fonctionner de manière autonome. Contrairement à l’attachement sain, la dépendance limite la croissance personnelle et crée une souffrance lorsque le lien est menacé.
Emprise : C’est la forme la plus pathologique du continuum. L’emprise implique un contrôle coercitif, souvent insidieux, où l’autonomie de la personne est progressivement annihilée. Elle peut être exercée par un partenaire (violences conjugales psychologiques), mais aussi dans d’autres contextes (sectes, relations toxiques). La personne sous emprise perd sa capacité de jugement et sa liberté intérieure, souvent sans en avoir pleinement conscience au début.
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