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Corinne Chantegrelet | Gestalt praticienne | La Bachellerie (Dordogne)

6 01 2017 | Gestalt

Les mécanismes de régulation du contact en Gestalt

Pourquoi est-ce que je répète toujours les mêmes schémas ?
Pourquoi est-ce que certaines situations me bloquent sans que je comprenne vraiment pourquoi ?
Pourquoi cette sensation de me [re]prendre toujours la même porte qui m’amène là où je ne veux pas aller ?

La Gestalt Thérapie nous donne quelques pistes …

La Gestalt Thérapie attache une grande importance au « contact » qui a lieu entre l’organisme — c’est-à-dire l’être humain — et son environnement. Elle est d’ailleurs une « thérapie du contact », en ce sens qu’elle prend soin du contact existant entre le patient et le thérapeute. Elle regarde comment l’individu s’ajuste créativement, ou non, aux situations qu’il rencontre.

Tout cela a lieu dans un « champ » et au cours d’un cycle, dénommé « cycle de l’expérience » ou « cycle du contact ».

Explications…

Ainsi, la Gestalt (et donc le praticien gestaltiste qui vous accueille) sera attentive aux formes que prennent l’expérience et le contact, ainsi qu’à ce qui les empêche de se déployer, ce qui empêche l’ajustement créateur d’exister :

Où ça bloque ? et surtout : comment ça bloque ?

Parfois nommées « résistances » — terme plutôt psychanalytique — nous préférons, en tant que gestaltistes, le terme de mécanismes de régulation du contact, autrement dit, nos façons de nous adapter aux situations et aux autres, et notre façon de regarder le monde.

Il y a cinq mécanismes principaux.

La Gestalt ne les voit pas comme des fonctionnements systématiquement désajustés.
Parfois, ces mécanismes ont leur utilité, et parfois ils ne sont pas, ou plus, adaptés aux situations qui se présentent.

En avoir conscience, les connaître, se connaître, permet tout simplement d’y porter la bonne attention, d’y mettre du sens afin de recouvrer sa liberté de choix et d’être.

La confluence

« Je suis toi, tu es moi ».

La confluence est en fait une absence de frontière-contact entre vous et votre environnement : la symbiose, la fusion, une non-différenciation.

✦ Côté ajusté :
La confluence permet d’être en empathie, de comprendre l’autre, d’aller vers l’autre. Elle facilite les rencontres, l’ouverture.

✦ Côté non ajusté :
L’autre, l’environnement peut perturber, envahir, voire nous faire disparaître. On ne sait pas s’extraire de la relation, on ne sait pas dire « non » ou se protéger. Ce que veut l’autre, je le veux obligatoirement.

Ça peut m’amener à me perdre en l’autre, à m’oublier dans les désirs de l’autre.

C’est quand le mécanisme se met en place tout seul, dans toutes les situations, quand on ne sait pas faire autrement, quand ça génère de l’inconfort voire de la souffrance, qu’il convient de le regarder.

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L’introjection

L’introjection est l’absorption et l’assimilation du monde extérieur en soi.

Nous fonctionnons beaucoup de cette façon, car c’est grâce à cela que nous grandissons, que nous apprenons. C’est le fondement de l’éducation : « J’apprends de toi ».

Le désajustement intervient quand nous introjettons ce que nous propose l’environnement sans le mastiquer, et que nous l’avalons tout rond.

L’assimilation est donc désajustée puisqu’il n’y a pas de discrimination : « je prends / je ne prends pas ».
Nous faisons nôtres des idées qui ne nous appartiennent pas.

Nous pouvons parfois les repérer grâce aux :

  • « Il faut que je … »
  • « Je dois absolument être … »
  • « Je n’ai pas le choix, c’est comme ça … »

Ce sont aussi toutes les étiquettes qu’on nous a collées et que nous avons laissées coller :

  • « Je suis une femme qui est … »
  • « De toute façon, je suis comme ça … »
  • « Je ne peux pas changer, j’ai toujours été … »

La projection

La projection, c’est le fait d’attribuer à l’environnement, à autrui, ce qui nous appartient : nos pensées, nos désirs ou nos sentiments.

C’est une façon d’aller vers le monde intéressante puisque cela nourrit :

  • la création artistique
  • l’imagination
  • l’empathie
  • la bienveillance
  • notre capacité à faire des hypothèses et des projets d’avenir.

Cela peut devenir non ajusté quand on attribue aux autres des pensées et des intentions qu’ils n’ont pas.

Ces pensées imaginaires peuvent alors nous impacter, nous blesser et parfois même, nous empêcher d’être ou d’agir.

La rétroflexion

La rétroflexion consiste à retourner contre soi un mouvement naturel (dire, faire, se mettre en colère, aller vers) qui serait initialement destiné à l’environnement.

« Je ne peux pas te dire ce que je pense, par peur de te blesser ou par crainte de ta réaction … je vais donc retourner cela contre moi et m’agresser moi-même ».

Rétrofléchir peut être ajusté.
Par exemple, il peut être utile de ne pas dire ses quatre vérités à son manager sous peine d’être licencié.

Mais lorsque ce mouvement devient systématique, on retourne l’énergie contre soi et on la rumine.

Cela peut empêcher de :

  • travailler correctement
  • être serein en famille
  • dormir

La rétroflexion systématique est le terreau de nombreuses somatisations : tout ce qui ne s’exprime pas… s’imprime !

L’égotisme

L’égotisme est une sorte de barrière ultime entre soi et l’environnement.
Une protection renforcée, une façon de garder le contrôle : rien ne rentre et rien ne sort.

✦ Côté ajusté : c’est utile quand on veut travailler dans le brouhaha d’un open space ou d’un café, ou quand on est face à des personnes toxiques et envahissantes.

✦ Côté désajusté : cela peut mettre de la distance avec autrui et aller jusqu’à une rupture totale de contact. Je ne sais plus aller vers l’autre. Je m’enferme. Je m’isole.

En séance, nous explorons ces mécanismes ensemble : comment ils se sont construits, à quoi ils ont servi, et surtout, comment ils peuvent aujourd’hui évoluer. Car en prendre conscience, c’est déjà retrouver une certaine  liberté : celle de ne plus fonctionner en mode « automatique », mais plutôt en mode « je choisis ».