Et si la joie était, au fond, une forme de résistance ?
Dans un monde qui valorise la productivité, la maîtrise et la gravité, oser être joyeux — pleinement vivant — devient un acte profondément subversif. C’est ce que nous rappellent les mots de Gilles Deleuze, et que la Gestalt Thérapie, dans son essence la plus libre et la plus humaniste, fait vibrer à travers la figure de Paul Goodman.
La joie
Le pouvoir exige des corps tristes.
Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu’il peut la dominer.
La joie, par conséquent, est résistance, parce qu’elle n’abandonne pas.
La joie, en tant que puissance de vie,
nous emmène dans des endroits où la tristesse ne nous mènerait jamais.
Pourquoi j’aime cette citation ?
Ces mots de Deleuze résonnent puissamment avec l’esprit de la Gestalt-thérapie, telle que l’a pensée Paul Goodman dans les années 50. Poète, anarchiste, penseur libre, Goodman voyait dans la Gestalt une forme de résistance à tout ce qui réduit l’humain à l’obéissance ou à la conformité.
Résister, c’est vivre pleinement.
C’est sentir, penser, agir à partir de soi, en s’extrayant des diktats, des introjets (ces pensées limitantes qu’on nous a imposées, que ce soit dans notre éducation ou par la société)
Résister, c’est refuser les normes qui enferment le vivant dans la tristesse, la peur ou la soumission.
Alors oui, la joie est bien résistance.
Et chaque instant de présence, d’élan, de créativité, est un acte politique*.
Résister par la joie, c’est refuser de se laisser éteindre.
C’est choisir, encore et encore, la vie qui circule, le mouvement qui relie, la rencontre qui transforme.
C’est peut-être cela, la véritable révolution : être présent, pleinement, à ce qui nous met en joie.
(*)
Politique au sens premier du mot : ce qui concerne la vie de la cité, notre manière d’être en lien, de créer du commun. La joie, en ce sens, est un geste collectif : elle relie autant qu’elle libère.
Politique non pas au sens du pouvoir ou des partis, mais au sens du vivre-ensemble : ce qui fait lien, ce qui fait monde. Choisir la joie, c’est donc poser un acte politique, celui d’habiter le monde autrement.
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